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Plan d'Accélération de l'Innovation en Santé
597 j
délai moyen d'accès au marché en France
59 %
médicaments européens accessibles aux patients français
42 %
entreprises innovantes en difficulté de trésorerie
Le Plan d'Accélération
Ce plan vise à accélérer le parcours de l'innovation, c'est-à-dire à réduire le temps nécessaire pour que les innovations passent de la découverte (souvent académique) aux patients et aux professionnels de santé en France, en Europe et à l'international.
En termes sociétal et économique, cette accélération est importante car le déploiement des technologies innovantes en santé françaises est source :
Le Plan d'Accélération de l'Innovation en Santé est basé sur trois priorités, elles-mêmes déclinées en onze propositions.
Priorité 1
Accélérer le passage de la recherche fondamentale à la recherche appliquée
Propositions 1.1 à 1.3
Priorité 2
Renforcer l'accompagnement à tous les stades du développement
Propositions 2.1 à 2.5
Priorité 3
Sécuriser l'accès des patients français aux innovations
Propositions 3.1 à 3.3
Les 11 propositions
Priorité 1
Propositions 1.1 à 1.3
Pour sécuriser et accélérer le transfert de technologies en santé en France
11,5 mois
Délai moyen de négociation OTT-PME en 2023, contre 8 mois en 2020
249
Accords de licence en santé signés entre OTT et PME sur 2023-2024, dont 62 % issus de la sphère académique
82 %
Des PME impliquées sont dirigées par des primo-entrepreneurs
Le transfert de technologie est une étape essentielle. Il accompagne les inventions académiques dans leur maturation à visée commerciale, puis dans leur transfert vers le secteur privé (partenaire industriel ou création de startups). Le transfert de technologie doit être sélectif (choix des technologies, niveau de maturité) et rapide ; il doit se faire dans des conditions juridiques et économiques satisfaisantes à court, moyen et long termes pour les deux parties.
Le transfert de technologie en santé en France repose sur un écosystème dense mais fragmenté, composé de nombreux acteurs : SATT (sociétés d'accélération du transfert de technologies), OTT des instituts de recherche (INSERM Transfert, CNRS Innovation, équipe de transfert de technologie du CEA…) et des Centres Hospitaliers Universitaires, incubateurs, bioclusters.
Malgré des avancées encourageantes (systématisation des plans d'affaires et amélioration des interactions entre OTT et PME), le processus de négociation reste long : le délai moyen entre le début des discussions et la signature d'un accord final est passé de 8 mois en 2020 à 11,5 mois en 2023. La Due Diligence, pourtant essentielle, n'est réalisée que dans 47 % des cas, et les comparables sont rarement partagés, limitant la transparence et la fluidité des échanges.
249 accords de licence en santé ont été signés entre des OTT et des PME sur les années 2023-2024, dont 62 % issus de la sphère académique. Toutefois, la majorité des PME concernées sont de petite taille (effectif moyen de 46 salariés, levée de fonds moyenne de 2,3 M€) et 82 % sont dirigées par des primo-entrepreneurs, souvent peu familiers des enjeux business et juridiques du transfert.
Pour intégrer une culture économique dès la formation et structurer des parcours certifiants
77 %
Des dirigeants de startups en santé sont des scientifiques, médecins ou ingénieurs, avec une formation entrepreneuriale limitée
15 ans
Durée minimale du développement d'un médicament : il exige des compétences économiques solides dès la R&D
1,5-2,0 Md€
Coût du développement d'un médicament : le chercheur doit comprendre les enjeux de financement et de marché
La majorité des technologies développées par les startups et PME de croissance françaises vient de la recherche publique française. En effet, le secteur privé prend le relai à un certain stade de maturité des innovations, afin de conduire un complexe développement aux standards réglementaires internationaux, et de trouver les financements nécessaires.
Dans un contexte de transformation rapide du secteur de la santé, marqué par l'émergence de nouvelles technologies, l'évolution des modèles économiques et le renforcement des interactions entre recherche, clinique et industrie, la capacité des acteurs à innover devient un levier stratégique majeur. Pour répondre aux enjeux de compétitivité internationale, de souveraineté française et européenne et de transfert efficace des connaissances, il est nécessaire de repenser les modalités de formation et d'accompagnement des talents impliqués dans l'innovation en santé.
Pour cela, il est essentiel d'intégrer une culture économique dès les formations initiales, de structurer des parcours certifiants pour les professionnels, et de lier les financements publics à des compétences clés en termes de développement des innovations.
Pour valoriser et encourager les collaborations public / privé
11 %
Des chercheurs en entreprise sont docteurs (vs 56 % d'ingénieurs) — Sous-direction des systèmes d'information et des études statistiques
12 %
Des doctorants français sont en CIFRE (Rapport Pommier-Lazarus, novembre 2024)
100 spin-offs/an
Issues de la recherche publique française (Ministère de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l'Espace)
Si la France dispose d'un tissu scientifique de premier plan, la valorisation des résultats de la recherche publique reste encore en deçà de son potentiel, notamment en matière de collaborations industrielles et de création de valeur économique.
Les dispositifs existants, tels que les laboratoires communs (LabCom), les chaires industrielles de l'Agence Nationale de la Recherche (ANR) ou encore les Conventions Industrielles de Formation par la Recherche (CIFRE), ont permis de structurer certaines coopérations entre établissements académiques et entreprises. Toutefois, ces initiatives restent souvent ponctuelles et ne s'inscrivent pas toujours dans une dynamique de long terme.
Par ailleurs, les parcours professionnels des chercheurs restent majoritairement centrés sur des critères académiques traditionnels, laissant peu de place à la reconnaissance des engagements dans des projets collaboratifs avec le secteur privé ou des expériences en entreprise.
Priorité 2
Propositions 2.1 à 2.5
Contexte
Les entreprises (startups) créées pour réaliser le développement des technologies aux standards réglementaires internationaux sont fragiles. Les temps de développement sont longs (15 ans minimum pour un médicament) et particulièrement coûteux (1,5 à 2,0 Md€ pour un médicament). Les échecs sont fréquents :
Dans ce contexte, l'accompagnement à tous les stades de développement est essentiel pour sécuriser la pérennité des technologies à fort potentiel et ancrer durablement la création de valeur en France.
Pour clarifier et harmoniser l'accompagnement des startups en santé
77 %
Des dirigeants de startups en santé sont des scientifiques, médecins ou ingénieurs, peu familiers des enjeux entrepreneuriaux
6 à 12 mois
Horizon de trésorerie moyen des startups en santé (mi-2025) : un mauvais choix d'accompagnateur peut être fatal
≤ 3 mois
Horizon de trésorerie pour près d'un tiers des startups en santé
Il existe en France une constellation d'acteurs publics (nationaux, régionaux, locaux), privés et mixtes publics / privés qui revendiquent un rôle actif dans l'accompagnement des startups en santé en France et vers l'international. La qualité de l'accompagnement est variable. De plus :
Cette situation est source d'inefficience : les dirigeants des startups peinent à choisir un ou plusieurs acteurs et risquent de faire des choix inadaptés par rapport à leur niveau de maturité et à leur technologie. Dans ce cas, le temps perdu n'est jamais rattrapé et le retour sur investissement est incertain.
Pour orienter et sécuriser le financement de l'innovation en santé
42 %
Des entreprises innovantes en santé en difficulté de trésorerie fin 2025
6 à 12 mois
Horizon de trésorerie moyen, et 3 mois ou moins pour près d'un tiers des startups
2,4 Md€
Fléchés par France 2030 via le Plan Innovation Santé (biothérapies, santé numérique, NRBC)
Le financement est la première préoccupation des dirigeants de startups en santé. Tout au long du parcours de l'innovation, les sommes à trouver sont importantes, de 1,5 à 2,0 Md€ pour un médicament.
Mi 2025, l'horizon de trésorerie moyen des startups en santé était de 6 à 12 mois, de 3 mois et moins pour un tiers d'entre elles. Fin 2025, 42 % des entreprises innovantes en santé rencontrent des difficultés de trésorerie. Seules 17 % d'entre elles ont réussi à se refinancer, et la durée de l'opération est de 11 mois, pendant lesquels l'essentiel des forces vives est concentré sur les échanges avec les investisseurs, au détriment des activités de recherche et de développement.
Dans ce contexte, les financements publics sont essentiels. 64 % des entreprises ont bénéficié d'un financement non dilutif issu essentiellement du plan France 2030, qui a permis de flécher 2,4 Md€ vers des projets liés aux biothérapies et à la bioproduction de thérapies innovantes, à la santé numérique et aux maladies infectieuses émergentes et menaces Nucléaires, Radiologiques, Biologiques et Chimiques (NRBC). 87 % des entreprises bénéficient du Crédit Impôt Recherche (CIR), qui couvre 20 à 30 % des dépenses d'exploitation des startups. 56 % bénéficient du statut de Jeune Entreprise Innovante (JEI).
Cependant, les entrepreneurs rencontrent de réelles difficultés à connaître et comprendre les différentes aides publiques françaises et européennes ; les dossiers de demande sont complexes et spécifiques à chaque aide ; les entreprises innovantes en santé françaises bénéficient peu des aides européennes ; et, en l'absence de stratégie claire pour le développement de la filière de l'innovation en santé, les aides publiques sont éclatées entre des projets multiples et variés, finançant parfois en parallèle des projets concurrents.
Du côté des investissements privés, le dispositif Tibi a permis d'orienter 6 puis 7 Md€ de l'épargne des investisseurs institutionnels au profit des entreprises technologiques par l'intermédiaire de fonds d'investissements spécialisés. 50 % de ces investissements ont été réalisés en France et 25 % sur des projets innovants en santé. Cependant, le nombre d'équipes spécialisées pour analyser les projets d'investissement reste limité, la connaissance du secteur de l'innovation en santé par les investisseurs institutionnels est à parfaire et certaines sources de financement sont encore peu exploitées.
Pour renforcer et valoriser l'écosystème de sous-traitance préclinique et clinique français
81 %
Des startups innovantes en santé ont recours à la sous-traitance pour leurs activités de recherche
≈ 300
Entreprises françaises de R&D préclinique et clinique : 20 000 salariés, 3,5 Md€ de CA dont 40 % à l'export
204 j
Délai moyen d'inclusion du 1ᵉʳ patient en France, contre 170 jours au Royaume-Uni (LEEM 2025)
L'accès des innovations aux patients et aux systèmes de santé impose un développement préclinique (avant la première utilisation chez l'Homme) puis clinique (utilisation chez l'Homme) rigoureux afin de démontrer leur innocuité et leur efficacité dans une population donnée. Les standards de ce développement sont imposés par les autorités réglementaires des différents pays ou régions du monde, avec de nombreuses exigences communes mais aussi d'importantes variations en termes de méthodologies ou de preuves attendues.
Compte tenu de leur fragilité financière, les startups innovantes en santé internalisent l'ensemble des certaines activités relatives à leur expertise technologique et externalisent les activités génériques. Le recours à la sous-traitance concerne 81 % d'entre elles.
La France dispose d'un écosystème riche et innovant de sous-traitants experts de la recherche préclinique (près de 300 entreprises, 20 000 salariés, 3,5 Md€ de CA dont 40 % à l'export) et clinique. Des concurrences délétères existent entre acteurs privés et acteurs publics. Cet écosystème est source d'innovations dans le domaine des technologies de développement des innovations en santé (organoïdes, organes sur puce, modèles de prédiction assistés par IA, outils numériques assistés d'IA pour le recrutement des essais cliniques ou la construction de nouveaux modèles d'essais cliniques). Ces innovations peinent parfois à être reconnues en France et en Europe, alors même que les exigences réglementaires américaines évoluent en leur faveur.
Il est important que les startups trouvent facilement en France tous les sous-traitants experts de la recherche préclinique et clinique dont elles ont besoin, afin de maximiser la création locale de valeur et de prévenir la délocalisation progressive des activités. Un écosystème français mieux identifié et mis en valeur, dont les innovations réglementaires sont reconnues en Europe et au-delà, est source d'attractivité pour l'implantation en France de startups étrangères.
Pour renforcer le développement industriel et la production en France
508 / 48
Médicaments autorisés en Europe (2017-2022) fabriqués en France, contre 122 en Allemagne, 97 en Irlande
−20 %
De sites industriels pharmaceutiques en France entre 2000 et 2015, avec −13 % d'emplois sur la même période
÷ 3 à 4
L'excédent commercial du médicament est passé de +8 à 10 Md€ en 2003-2005 à +2,6 Md€ en 2025
Benchmark — Production de médicaments autorisés en Europe (2017-2022)
| Pays | France | Allemagne | Irlande | Pays-Bas | Espagne |
|---|---|---|---|---|---|
| Médicaments produits | 48 | 122 | 97 | 74 | 53 |
L'accès des innovations aux patients et aux systèmes de santé impose également un développement industriel rigoureux, conforme aux exigences réglementaires internationales.
Comme pour le développement préclinique et clinique, le développement industriel puis la production sont le plus souvent sous-traités à des tiers experts. Le processus de fabrication doit être défini tôt dans le parcours de l'innovation, dès les premiers travaux de développement clinique. Le lieu du développement industriel est souvent le lieu de la production des premiers produits nécessaires au développement clinique, puis le lieu de la production des produits commerciaux.
La fabrication française des produits de santé a souffert du phénomène général de désindustrialisation. Pour le médicament, le nombre de sites industriels a reculé de 20 % entre 2000 et 2015, et les emplois de 13 %. Si 50 % des principes actifs consommés en France en 1990 étaient fabriqués en France ou en Europe proche, en 2010-2015 ils viennent à 70-80 % d'Inde et de Chine. Cette tendance s'accélère : en 2025, les imports pharma de la France originaires de Chine et Hong-Kong ont doublé en un an (+131 %, de 1,0 à 2,3 Md€). Sur les 508 médicaments autorisés en Europe entre 2017 et 2022, seulement 48 produits sont fabriqués en France, contre 122 en Allemagne, 97 en Irlande, 74 aux Pays-Bas et 53 en Espagne. Si le médicament dégage un excédent commercial historique, sa contribution est passée de +8 à 10 Md€ en 2003-2005 à +4,1 Md€ en 2024 puis +2,6 Md€ en 2025, soit un recul de 1,5 Md€ en un an.
Au-delà de la production, la France peine également à exporter au-delà du marché européen : 46,9 % seulement des exports pharma français sortent de l'UE en 2025, contre 55,7 % en moyenne européenne (12ᵉ rang européen, loin derrière l'Irlande à 67,3 %, le Danemark à 65,0 %, l'Allemagne à 58,2 %). La France capte donc mal la dynamique des grands marchés mondiaux en croissance (États-Unis, Suisse, Asie), qui représentent pourtant 87 % des exports pharma de l'UE.
Si les expertises existent sur le territoire national, elles ne sont pas forcément visibles et n'ont pas nécessairement l'agilité pour répondre rapidement aux besoins des startups dont l'horizon de trésorerie ne dépasse en moyenne pas 12 mois. Un écosystème français mieux identifié et mis en valeur est source d'attractivité pour l'implantation en France de startups étrangères. Par ailleurs, une production locale dès les premiers stades de développement clinique est source d'exportation.
Pour améliorer l'accès aux données de santé
≈ 18 mois
Délai d'accès aux données via le Health Data Hub, incompatible avec l'horizon de trésorerie des startups
< 3 mois
Cible d'accès aux données dans les projets pilotes loco-régionaux (Entrepôts de Données Santé des CHU)
0,36 à 1,80 Md€
Coût annuel estimé du manque d'interopérabilité des logiciels hospitaliers
Le bon usage des données de santé (dans le respect des règles éthiques françaises et européennes en vigueur) est un levier économique majeur :
Cependant, si le système de santé collecte de très nombreuses données individuelles de soin (notamment à l'hôpital, stockées dans les bases du Programme de Médicalisation des Systèmes d'Information (PMSI), ou en ville, stockées dans les bases SNIIRAM / DCIR, le Système National d'Information Inter-Régimes de l'Assurance Maladie et son Datamart de Consommation Inter-Régimes), celles-ci sont peu accessibles.
Concernant le stock, le Health Data Hub (HDH) a échoué dans l'ambition de centraliser toutes les bases en un seul point. Les délais d'accès aux données sont longs (≈18 mois), incompatibles avec l'horizon moyen de trésorerie des startups (6 à 12 mois). Les startups qui développent des solutions assistées par l'IA vont entraîner leurs algorithmes avec des données étrangères. Les récents changements de gouvernance du HDH et le lancement d'un appel d'offre pour une solution de stockage souveraine laissent entrevoir un accès plus rapide à long terme. D'autres solutions loco-régionales plus agiles doivent être encouragées afin de tester les cas d'usage et de prévenir la délocalisation des activités : les Entrepôts de Données Santé (EDS) développés notamment par les CHU (isolés ou mutualisés), ou le projet de fédération d'EDS, peuvent être un point de départ solide de ces pilotes.
Concernant le flux, les hôpitaux utilisent de multiples logiciels et applications qui ne communiquent pas entre eux. Il est donc difficile d'avoir facilement une vision consolidée des informations du parcours d'un patient et d'intégrer des solutions numériques qui en facilitent l'optimisation, voire prédisent le pronostic. Au-delà de l'impact sur le soin, cette situation coûte aux hôpitaux entre 0,36 et 1,8 Md€ par an (connexions techniques réalisées au cas par cas entre logiciels, négociations nécessaires pour accéder aux données, ressources humaines mobilisées dans les établissements de santé pour gérer ces interconnexions).
Priorité 3
Propositions 3.1 à 3.3
Pour sécuriser et accélérer l'accès au marché français
59 %
Des médicaments enregistrés au niveau européen accessibles aux patients français, contre 90 % en Allemagne
597 j
Délai moyen d'accès au marché en France, contre 128 jours en Allemagne (2025)
0 / 60
Traitements numériques remboursés en France contre 60 en Allemagne via le dispositif DiGA
Benchmark — Accès marché : France vs Allemagne
| Indicateur | France | Allemagne |
|---|---|---|
| Médicaments européens accessibles | 59 % | 90 % |
| Délai moyen d'accès | 597 jours | 128 jours |
| Traitements numériques remboursés | 0 (1 avis favorable HAS) | 60 (DiGA) |
Pour financer le développement de leur technologie, les startups ont besoin de rassurer les investisseurs quant à leur capacité à satisfaire aux exigences des différentes étapes d'accès au marché en France et dans les principaux marchés. Les acteurs de l'accès au marché sont à peu près identiques au parcours français :
Contrairement à la plupart des marchés, un industriel ne peut pas interroger l'ensemble des acteurs au moment où il le souhaiterait. Les avis rendus par les acteurs ne font par ailleurs pas l'objet d'un compte rendu formel. Cette situation rend difficile la conviction des investisseurs sur la pertinence du marché français, et aléatoire les conclusions du processus d'accès au marché français.
Pour faciliter l'accès des innovations françaises aux marchés publics
4 %
Part du marché français dans le marché mondial des produits de santé, mais marché-vitrine stratégique pour les innovations
18 mois
Délai de référence au-delà duquel une faible proportion des innovations françaises trouve un premier client public
Test
Le marché français joue le rôle de marché « test » scruté par les partenaires commerciaux internationaux
Même si le marché français ne représente que 4 % du marché mondial des médicaments et des dispositifs médicaux, il est une vitrine de la pertinence des innovations technologiques françaises :
Or, aujourd'hui, une faible proportion des innovations issues de jeunes entreprises françaises trouve un premier client public dans les 18 mois suivant leur mise sur le marché, indépendamment des bénéfices cliniques et / ou organisationnels qu'elles revendiquent. Cette situation ralentit le déploiement en France et à l'international des innovations françaises, et donc la création de valeur sur le territoire national.
Sous l'égide du Gouvernement et dans le respect des règlements Européens en vigueur
1 300
Startups françaises du dispositif médical (DM) et du diagnostic in vitro (DMDIV), économiquement fragiles (6-12 mois de trésorerie)
48 %
Des startups mettent entre 12 et 24 mois pour obtenir leur marquage CE, de la soumission initiale à la fin de l'audit
45 %
Des startups attendent plus de 6 mois pour obtenir une place de certification auprès d'un Organisme Notifié
Pour les dispositifs médicaux (DM) et les dispositifs médicaux de diagnostic in vitro (DMDIV), l'accès au marché est conditionné par la délivrance d'un certificat de conformité dit « marquage CE ».
Publiés en 2017, les nouveaux Règlements Européens du Dispositif Médical (MDR) et du Diagnostic In Vitro (IVDR) visent à renforcer la sécurité des patients. Ils confient la délivrance du marquage CE à des tiers privés appelés « organismes notifiés » (ON).
Neuf ans plus tard, si les bénéfices en termes de sécurité restent discutables, les contraintes imposées par ces nouveaux règlements pèsent lourdement sur l'industrie française (et européenne) innovante du dispositif médical et du diagnostic in vitro, composée de 1 300 startups économiquement fragiles (6 à 12 mois de trésorerie) :
Les startups françaises développent en général trois innovations, et sont totalement dépendantes de ces quelques produits pour leur survie. La relation commerciale qu'elles peuvent développer avec les organismes notifiés est donc totalement déséquilibrée.
Par ailleurs, de plus en plus d'exemples de ruptures d'approvisionnement, de rationalisation de gammes de produits ou de retraits du marché de certains dispositifs (DM et DMDIV) sont rapportés, ces décisions étant largement attribuées aux contraintes réglementaires accrues. Ces phénomènes introduisent de nouveaux risques pour les patients et les professionnels de santé, liés à l'indisponibilité de technologies médicales auparavant disponibles ou jugées indispensables.
Alertée sur ces difficultés, la Commission Européenne a publié en décembre 2025 une proposition de simplification des règlements. Ce texte initial traite de façon favorable un grand nombre de faiblesses identifiées des règlements de 2017. Il doit cependant encore être discuté et approuvé par le Parlement et le Conseil des Ministres, et la publication de sa version définitive n'est pas attendue avant la fin de l'année 2027. Par ailleurs, un certain nombre d'actes d'exécution ont été publiés, dont les décisions peuvent être mises en place dès à présent. Afin de soutenir les entreprises françaises innovantes en santé et d'attirer en France d'autres acteurs européens et internationaux, la France pourrait anticiper un certain nombre de mesures de simplification dans le respect bien entendu des règlements en vigueur.
Vue d'ensemble
| Axe / Proposition | Principaux acteurs concernés |
|---|---|
| 1. Accélérer le passage de la recherche fondamentale à la recherche appliquée | |
| 1.1 Accélérer, harmoniser et sécuriser le transfert de technologies par les OTT | OTT, SATT, universités, CHU, bioclusters, organismes de recherche |
| 1.2 Renforcer la culture économique des chercheurs | Universités, écoles d'ingénieurs, organismes financeurs publics |
| 1.3 Valoriser les passerelles mixtes public/privé | Chercheurs, cliniciens, établissements publics, entreprises |
| 2. Renforcer l'accompagnement à tous les stades du développement | |
| 2.1 Clarifier et simplifier le rôle des acteurs de l'accompagnement | DREETS, structures d'accompagnement, mentors, startups |
| 2.2 Cibler et diversifier le financement | Ministères, financeurs publics/privés, fonds d'investissement |
| 2.3 Valoriser l'écosystème des partenaires du développement préclinique/clinique | CRO, entreprises de R&D, CHU, financeurs publics |
| 2.4 Structurer l'accompagnement du développement industriel | Industriels, pôles de compétitivité, acteurs publics/privés |
| 2.5 Faciliter l'accès aux données de santé | Health Data Hub, CHU, éditeurs de logiciels, État, patients |
| 3. Sécuriser l'accès des patients français aux innovations | |
| 3.1 Mettre en place un parcours de consultation précoce d'accès au marché | ANSM, EMA, HAS, CEPS, industriels |
| 3.2 Faciliter l'accès aux marchés publics | Établissements de soins, acheteurs publics, industriels |
| 3.3 Faire de la France le champion de la simplification du MDR et de l'IVDR | Gouvernement, entreprises DM/DMDIV, organismes notifiés |
Annexe
Les chiffres et constats cités dans ce document sont issus des sources listées ci-dessous.
Annexe
Agir ensemble
Ce plan d'accélération a été élaboré par France Biotech avec ses membres et partenaires. Pour en savoir plus ou contribuer aux propositions, contactez-nous.
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